Je suis née quelques mois avant la création de l’Union Européenne, je ne me souviens donc pas de l’Europe avant cela. J’ai également très peu de souvenirs d’avant l’Euro. Je ne me sens donc pas légitime à être pour ou contre cette monnaie commune, ou pour ou contre l’Europe en tant que tel.

Je ne suis néanmoins pas satisfaite de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, et j’espère une évolution prochaine de celle-ci. L’Europe que nous connaissons est jeune, et je me l’imagine comme un enfant qui grandit. La plupart des enfants ont des modèles sur qui s’appuyer, des exemples à reproduire, des adultes de qui s’inspirer, tels que des parents, des professeurs, des éducateurs. Mais l’Europe n’a pas de modèle. Et nous nous trouvons actuellement dans une Europe qui ne sait pas encore comment prendre des décisions, comment être une Europe adulte.

Nous le voyons particulièrement ces jours-ci avec tous ces être humains qui viennent frapper à nos portes, et les dirigeants de nos pays qui ne savent comment réagir face à cette détresse, à cette demande d’accueil. J’aurai aimé une décision commune, une Europe unie, soudée dans les difficultés. Mais j’ai le sentiments que peu de choix ont été pris en commun et les pays du Sud-Est de l’Europe se retrouvent seuls face à ces gens qui arrivent à leurs frontières.

J’ai le même sentiment d’une Europe qui ne remplit pas le rôle que j’aurai aimé la voir porter par rapport à la crise financière et notamment avec l’exemple de la Grèce. Il y a quelques années, durant mes cours de géographie au lycée, je m’imaginais (j’espérais ?) une Europe faite de pays solidaires les uns avec les autres, de pays qui seraient là les uns pour les autres dans les moments de difficultés. Un peu comme une grande famille un peu compliquée, en constante évolution. Une famille, donc des liens parfois génétiques, souvent sentimentaux, quoi qu’il arrive complexes mais difficilement effaçables. Je suis donc tombée de haut quand il a été question de faire sortir un pays de l’Europe. Peut-on décider de faire sortir quelqu’un d’une famille quand cette personne rencontre des difficultés ? Peut-on se réunir en famille pour décider d’en exclure l’un de ses membres ? Je n’espère pas.

J’avais également cette image d’une grande famille car j’ai des amis qui sont d’autres pays de cette Europe. Or je sens dans nos relations qu’un sentiment d’appartenance commun à cette Europe nous unit, et nourrit nos relations d’amitié. Je crois, j’espère qu’il y aura de plus en plus de famille avec plusieurs nationalités qui se formeront, des jolis mélanges de cultures, de langues. Ces mélanges existent déjà beaucoup, et c’est une chance incroyable que cet espace permet, que des programmes d’échanges scolaires, étudiants, service civique permettent. Que la mise en place de diplômes universitaires communs permet. J’espère que les frontières se feront de plus en plus oublier. J’espère que dans quelques années, les gens se sentiront plus Européen que Français, Allemand, Roumain ou Suédois.

Je n’ai pas de solution pour changer cela. Si j’ai une opinion politique, je ne suis pas pour autant politicienne. Mais je me dis que des petites choses peuvent créer de grands changements. Après la Seconde Guerre Mondiale, pour créer/ recréer des relations cordiales puis amicales entre l’Allemagne et la France, des jumelages entre villes des deux pays ont été crées. Cette initiative un brin poétique fonctionne toujours, et a fait ses preuves, permet beaucoup d’échanges scolaires, de voyages de groupes, d’amitiés. La plupart des villes et villages de France ont donc désormais des jumelages avec des communes d’autres pays en Europe, et parfois dans le monde.

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