(Français)

Si vous avez le désir d’aider et d’influencer d’autres pour leur bien, l’école devrait être pour vous un paradis et le métier de prof le dream job par excellence. Quand vous voyez le visage endormi d’un élève s’éclairer après qu’il a compris quelque chose, ou des yeux se plisser avec intelligence parce que celui ou celle qui les possède n’écoute pas distraitement mais pense activement, ça fait chaud au cœur. Ou quand une élève qui progresse vous dit : « je suis prise par la fièvre du savoir », et que vous savez que c’est vrai, ou qu’un garçon vient vous montrer une punchline de rap qui l’a fait réfléchir, et que c’est pertinent, ou qu’une jeune fille découvre qu’elle peut avoir de l’ambition et vous demande : « Monsieur, cette école, vous pensez que c’est possible pour moi ? » et que vous savez que oui, c’est possible, ça fait chaud au cœur. Ou quand une adolescente un peu morose est prise d’un rire d’autosatisfaction en comprenant une idée qui jusque là lui résistait, ou lance un « ah ouais d’accord ! » dans lequel perce le plaisir d’avoir saisi une pensée importante, ou quand un garçon plein de questions se met à lire des livres dans lesquels il se reconnaît et demande de nouveaux conseils de lecture, ça fait chaud au cœur. Je suis prof de philosophie depuis deux ans et ce genre de petits événements me fait quitter le lycée paisible, avec parfois une sorte d’envie de danser. Dans les meilleurs moments, je me représente mon propre cours comme une fête de la connaissance, d’où on repartirait nourri intellectuellement, et fier, et – allons-y ! – pourquoi pas heureux ? Ce devrait être cela, il me semble, l’école. Pourtant, mon enthousiasme est sans cesse mis à l’épreuve par l’impression que, dans l’ensemble, nous échouons. Les moments de grâce ne suffisent pas à effacer l’impression d’échec général d’une école où les élèves s’ennuient quand nous devrions les intéresser, se sentent contraints comme des oiseaux en cage quand nous devrions les libérer, ne prennent pas goût à la culture que nous devrions leur faire aimer, et parfois n’apprennent pas grand-chose pendant des années. Où est le souffle, le désir d’apprendre et d’élargir son esprit et sa vie ? Je souffre et m’agace de voir une jeunesse morte-vivante, passive, sans désir ambitieux, manquant de confiance en elle, sans espoir existentiel digne de ce nom. Elle me semble parfois un peu perdue dans une école où elle ne sait pas très bien ce qu’elle fait. Ma jeunesse devrait se sentir pousser des ailes, vouloir comprendre le monde et agir sur lui, consentir à des efforts conséquents pour atteindre des buts lointains mais grands, dignes d’elle-même. Que fout-elle à s’intéresser à la vie privée de Kim Kardashian, à envier l’existence de Franck Ribéry, à se laisser aller dans l’addiction répétitive aux jeux ? Cette nourriture de merde n’est pas à la hauteur. Comment se fait-il que nous ne parvenions pas vraiment à en faire goûter une meilleure et plus épanouissante, qui rende la première dérisoire ? La responsabilité qui attend cette génération, dans laquelle je m’inclus, est immense : il y a un monde à reconstruire. Serons-nous à la hauteur ? Nous préparons-nous de manière à être à la hauteur ? Je refuse de croire que ce que j’ai devant les yeux est la jeunesse, ce n’est que sa couche superficielle, en-dessous il reste un cœur battant qui n’attend que d’être libéré. Et je ferai tout mon possible pour comprendre ce qu’il faut faire pour éviter ce gâchis d’énergie auquel j’ai parfois l’impression d’assister. Pour le moment, on a tendance à se contenter de palliatifs. Les profs, un peu déboussolés, cherchent des stratégies : soit on fait comme si de rien n’était, en mode « il faut bien finir le programme », même si on sait bien que la moitié des élèves environ n’en retiendra pas grand chose, soit on pratique l’élève-bashing, moyen dangereux de justifier ses difficultés car ça ne fait pas beaucoup avancer les choses et on peut s’y complaire et s’y enfermer, soit on se concentre sur les bons élèves en laissant tomber les autres, soit à l’inverse on perd toute exigence en surnotant avec une fausse bienveillance des productions de basse qualité. Beaucoup de profs se donnent corps et âme, et on rencontre de nombreux « bienfaiteurs de l’humanité » dans cette profession. Mais le souffle s’épuise peu à peu, et le spectacle de la fatigue désabusée des collègues est, honnêtement, douloureux à regarder.

Je pense que quatre conditions de l’éducation sont à reconstruire. Le désir de connaissance, la maîtrise de la langue, la confiance en soi, et la capacité d’attention sont des piliers dont on ne peut se passer pour construire une éducation solide. On pourra faire des cours et des cours, changer les programmes et modifier les horaires d’apprentissage, si ce qu’on construit s’écroule à moitié faute de fondations, l’élève quittera l’école avec le goût amer d’un demi-échec et une sorte d’inhibition spirituelle, et le prof avec des cernes allongés par la déception et la tentation de se durcir pour continuer malgré la perte de confiance. La tâche de la jeune génération de profs à laquelle j’appartiens est de reconstruire ces piliers de l’éducation, de comprendre un peu[1] les raisons de leur délabrement et de chercher les moyens de leur réparation.

Le désir de connaissance

Le désir de connaissance, c’est le pilier des piliers. L’équation est simple : celui qui veut vraiment apprendre apprendra, celui qui ne le veut pas n’apprendra pas. Voici la pire impression qu’il m’arrive de ressentir depuis que je suis prof : celle de tenter de nourrir quelqu’un qui n’a pas faim, de faire boire quelqu’un qui n’a pas soif. Je ne dis pas que je voudrais qu’on boive mes paroles avec avidité, absolument pas, j’aime au contraire que les élèves m’opposent des objections et adoptent une posture critique vis-à-vis de ce que je peux leur dire. Non, ce que j’ai du mal à accepter, c’est l’apathie, la passivité que je lis dans certains yeux, l’absence totale d’intérêt pour… presque tout chez certains élèves. Quand on a passé plus de dix ans dans des écoles, dans des lieux de formation de la culture et de l’intelligence, et que son principal centre d’intérêt dans la vie à dix-sept ans est Pokémon, je me demande : qu’est-ce qu’on a foutu ?? Je ne veux pas accuser les adolescents qui auraient l’impression qu’il ne sert à rien d’en savoir plus, parce que tout est sur internet, et que dans les domaines utiles ils s’y connaissent mieux que les adultes, et que réfléchir ça prend la tête, je ne veux pas les accuser même si je ne leur donne pas raison, mais je veux reconstruire, trouver les moyens de réveiller le désir de connaissance endormi, moteur indispensable de toute éducation digne de ce nom. Je rêve de voir naître chez les élèves une émulation pour le savoir, des amitiés intellectuelles, le plaisir de faire des trouvailles. Et je sais que c’est parfaitement possible pour la simple raison que le désir de connaissance est un de ces désirs qui s’approfondit au fur et à mesure qu’on le poursuit : lorsqu’on comprend quelque chose d’intéressant, on désire en comprendre plus, et plus on connaît plus on veut connaître, et plus on trouve de plaisir à connaître. Certes, comme dans toute quête d’envergure, il y a des périodes difficiles, mais ce ne sont que des passages à traverser, l’effort mérite d’être accompli parce que le résultat en vaut la peine : un élargissement de soi, de la joie, une sagesse nouvelle. Que faire pour réveiller le désir de connaissance ? Le désir se transmet, il se transmet par mimétisme, on emprunte les désirs d’un autre, alors il me semble que notre effort doit consister à transmettre notre propre désir, à prouver par l’exemple que notre quête de connaissance est attirante. Etre des profs épanouis, dont l’existence est d’une certaine manière attirante, c’est en fait une nécessité pour l’éducation, puisqu’on n’apprend pas de qui l’on n’aime pas. Alors il me semble que notre effort doit consister à séduire à la manière de Socrate, c’est-à-dire non pas séduire pour séduire, non pas séduire pour se faire aimer, mais séduire pour laisser voir, derrière soi, ce qui est plus grand que soi – de la sagesse, de la culture, de la compréhension du monde et de soi.

La maîtrise de la langue

Je ne veux pas écrire trop sur le sujet, les journaux en parlent déjà beaucoup. Honnêtement, le niveau de langue des élèves est très variable, certains sont doués et d’autres apprennent peu à peu, mais ce qui m’inquiète, c’est qu’un nombre important d’élèves maîtrisent si mal la langue qu’il est parfaitement impossible qu’ils comprennent véritablement un cours oral dans lequel des mots un peu abstraits comme « hypothèse » ou « causalité » sont employés. Dans un lycée général, où on ne pratique à peu près que des disciplines intellectuelles générales, comment s’étonner que certains élèves soient apathiques quand ils ne comprennent pas ce qu’on dit ? Je suis un peu dur en écrivant cela, je sais que les élèves en question ne seraient pas d’accord avec moi et me diraient : « Mais si monsieur, on vous comprend, quand vous parlez on comprend, c’est après, quand il faut réexpliquer, qu’on ne comprend plus », et ils auraient raison, ils comprennent un peu, mais un peu seulement. J’ai l’impression que, dans leur tête, c’est comme un grand brouillard épais, dans lequel des connaissances floues viennent s’ajouter à d’autres connaissances floues, l’ensemble devenant de plus en plus sombre, de moins en moins clair, et pour leur esprit il devient peu à peu si difficile de s’y orienter que la réaction normale qui se fait jour est la suivante : « Stop, pas plus de connaissance, de toute façon je ne comprends rien. » Il nous faut être radicalement exigeant sur la maîtrise de la langue, pas par conservatisme, mais parce que c’est avec les mots qu’on pense, qu’on échange, qu’on communique. La pauvreté du langage et la pauvreté de la pensée vont de pair (même si je découvre que certains élèves qui s’expriment maladroitement pensent avec profondeur, mais ces élèves-là, s’ils maîtrisaient le langage, ne seraient plus moyens, ils seraient tout simplement brillants !)

La capacité d’attention

Lors d’une réunion parents/profs, je pose cette question à une de mes élèves : « comment travailles-tu chez toi ? Je veux dire, avec ton Smartphone à côté de toi ? De la musique ? » Elle me répond : « oui, avec le Smartphone et la musique », puis son père ajoute : « Oh, et pas seulement le Smartphone, la télé aussi et l’ordinateur ! » Notre génération est hyperstimulée, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, nous ne connaissons plus trop le silence, et la plupart d’entre nous souffre d’addictions diverses à la technologie. Là aussi, plein de gens en parlent, le phénomène est connu, maintenant il reste que l’attention est une condition de l’accueil d’une pensée exigeante, qu’on ne peut pas s’en passer. Parfois je fais faire de petits exercices de méditation à mes élèves, quinze minutes de silence chez eux, à regarder les pensées passer. C’est beau, souvent, ce qu’ils racontent ensuite. Je pense que seule une éducation d’ordre spirituel peut nous faire retrouver la capacité d’attention. La maîtrise de soi, l’écoute, la concentration silencieuse dans laquelle on attend patiemment qu’une pensée se clarifie, tout cela n’est pas donné, ça s’apprend par des exercices sur soi, et je ne vois pas pourquoi de tels exercices ne seraient pas proposés par l’école.

La confiance en soi

Je sais que les profs se plaignent d’élèves qui croient tout savoir, qui répondent avec assurance du haut de leur ignorance. Pour ma part, je suis persuadé que cette attitude n’est qu’un camouflage qui cache un manque sévère de confiance en soi chez un très grand nombre d’élèves. Le nombre d’élèves qui se croient trop mauvais pour réussir, qui n’ont plus de capacité à l’effort parce qu’ils craignent l’échec et qui abandonnent trop vite avec l’idée que « de toute façon je n’y arriverai pas », est immense, et assez souvent les profs ne s’en rendent même pas vraiment compte. Ce manque de confiance en soi, il me semble qu’il n’est pas vraiment dû à des jugements humiliants du corps professoral ou à des notes qui seraient stigmatisantes, même si cela peut être le cas parfois. A vrai dire, le manque de confiance en soi a des causes si multiples et si diverses qu’il est difficile de lui apporter des réponses précises. Pourtant, il me semble qu’il y en a deux, réponses, qui marchent à tous les coups : elles s’appellent exigence et bienveillance. Les deux vont ensemble, sinon elles ne valent rien ! Ce sont les deux faces d’une même médaille. Accepter que quelqu’un stagne, ce n’est pas être bienveillant envers lui, c’est le prendre pour un con. Ne pas être exigeant envers un enfant, c’est accepter sa nullité, c’est accepter son enfermement dans le demi-échec. Je ne dis pas que tous les élèves sont capables de tout faire, mais ils sont tous capables de faire pas mal de choses à condition qu’on leur apprenne à le vouloir et à être exigeant avec eux-mêmes, ce qui commence par le refus de la « culture de l’excuse » avec laquelle autant d’élèves s’empêchent eux-mêmes de réussir. La culture de l’excuse, c’est cette manière de justifier son absence d’effort en invoquant des causes extérieures (« c’est trop dur, je suis fatigué aujourd’hui, il fait chaud, de toute façon je n’y arriverai pas, c’est pas moi c’est les autres, le prof m’énerve… ») C’est une culture avec laquelle les élèves – et à vrai dire les profs aussi et à peu près tout le monde – se protègent de la douleur de l’échec. Mais il y a de la lâcheté dans cette protection qui ne favorise ni l’apprentissage, ni la véritable confiance en soi. En fait, elle empêche des enfants de devenir des adultes (et en écrivant cela, j’avoue penser que pas mal d’adultes se comportent toujours comme des enfants irresponsables…). Etre exigeant et être bienveillant. J’ai même envie de dire un gros mot : il faut les aimer, les élèves. Les aimer. Ca vient principalement de là, la confiance en soi, du fait de se sentir aimé. Donc aimer fait partie des exigences du métier de prof. Alors bien sûr, comment aimer l’élève chiant, insolent, apathique, lent ? Ben c’est plus dur, mais encore plus important. Voilà ce que c’est que l’éducation : faire confiance à quelqu’un qui ne le mérite pas encore tout à fait. C’est en faisant confiance qu’on rend confiant, c’est en donnant des responsabilités qu’on rend responsable. Et d’ailleurs, il faudrait leur en donner plus, de responsabilités, aux élèves (sur ce sujet, je ne sais pas trop ce qu’on pourrait faire pour le moment… Pourquoi ne pas demander aux élèves plus âgés de faire des cours aux élèves plus jeunes ? Ou d’être tuteurs ? Favoriser la création d’associations d’élèves ? Il me semble qu’on a tout intérêt à susciter les conditions d’une responsabilisation dans laquelle chacun comprenne qu’il est d’une certaine manière son propre professeur).

La bienveillance sans l’exigence, ça revient à dire : « oh mon pauvre chéri, comme ton existence est dure, ce n’est pas grave si tu n’arrives pas à cela ou à cela. » C’est une aide humiliante, c’est un moyen de stagner dans la médiocrité, et, au fond, personne ne rêve de ça. L’exigence sans la bienveillance, ça revient à dire : « quoi, vous n’êtes pas capables de faire cela ? Vous êtes vraiment des merdes. » Ce n’est pas de l’aide, et c’est humiliant, ça fragilise ceux qui manquent déjà de confiance en eux, ça détruit leur désir, et vu la situation, ce n’est certainement pas ce que nous ayons de mieux à faire. Il nous faut pratiquer la culture de l’exigence bienveillante, et je sais bien que ce n’est pas facile parce que c’est un peu paradoxal, mais l’éducation c’est paradoxal, c’est faire de l’autonomie avec de la contrainte, c’est faire de la liberté avec de l’habitude, c’est faire voyager en restant dans une salle, et nous devons tenir dans ces charmants paradoxes. On est là pour faire croître, pour relever, pour faire sentir que : « Tu es capable de faire bien plus que tu ne l’imagines, tu n’es pas là pour rester petit mais pour élargir ta vie ! C’est ça un homme : quelqu’un qui voit grand, qui utilise même ses faiblesses pour en faire quelque chose d’intéressant. Et l’école… l’école, avec tous ses défauts, ça reste un moyen assez puissant pour élargir son horizon. Ce n’est pas juste un passage obligé à traverser passivement, c’est un espace temporaire pour s’armer et se préparer à exister. Je ne te dis pas qu’il faut écouter sagement, je te dis qu’il faut écouter passionnément, et en critiquant, et en en demandant plus, et en allant plus loin que les profs, plus loin que les manuels. Pitié ne deviens pas un ange de la téléréalité, ni un gars assis dans son canapé qui se moque chaque soir des anges de la téléréalité tout en les enviant vaguement. Tu vaux mieux, je te promets tu vaux mieux. Deviens un Socrate, deviens une Marie Curie, deviens un Gandhi ou un Saint-Exupéry. Ou deviens quelqu’un de bien, tout simplement, en visant assez haut. Je ne te demande pas de faire plaisir à tes parents et à tes profs, je te demande de les surprendre. Je ne te demande pas de subir leur influence, je te demande de te servir de cette influence pour produire une pensée personnelle et puissante, pour nourrir des désirs personnels et grands, pour élargir ta putain de vie. »

 

 

 

[1] Je dis « un peu » seulement parce que je ne pense pas qu’on ait besoin de milliers d’études pour expliquer les difficultés – toujours le risque de s’enfermer dans la complainte – on a surtout besoin d’un souffle pour agir !

8 thoughts on “(Français) Les conditions de l’éducation

  1. Bonjour, Guillaume
    Alice me fait aujourd’hui découvrier “The Lantern” : excellents articles (de toi et d’autres !) : bien dommage que ce ne soit pas plus connu !
    Amitié
    JG

  2. très bien cet article Guillaume ! Et ça me fait penser à l’ouvrage de Antoine de la Garanderie “Réussir, ça s’apprend” que je vous encourage à lire si ce n’est déjà fait !

  3. Merci Guillaume, c’est très chouette de lire tes ressentis et tes aspirations ! Je te rejoins complètement sur la question de la bienveillance et de l’exigence, mais aussi sur le besoin de donner envie d’apprendre et de créer du plaisir d’apprendre, également de responsabiliser les élèves et de leur apprendre la confiance en soi.

    Je suis prof particulier en maths et physique-chimie depuis 3 ans, et je partage très largement ta vision des choses. J’observe que tant d’élèves ne trouvent pas véritablement leur place dans le système scolaire, peut-être même qu’ils ne se sentent pas bien dans leur vie. Et l’école en serait une des raisons, forcément vu qu’ils y passent une grande partie de leur temps. Alors je crois beaucoup en le pouvoir des professeurs, dans le sens qu’ils peuvent montrer aux jeunes qu’on peut penser autrement, qu’on peut faire autrement, et qu’il n’y a pas que le modèle morose et sans vie qui les entoure. Ils ont le pouvoir d’éveiller les esprits, de mettre en lumière les pierres précieuses qui dorment en chacun (même en l’élève le plus chiant !), d’impulser un souffle nouveau. Quelle chance d’avoir tout ça dans nos mains ! Et c’est en même temps si difficile à manier. Le travail de toute une vie sans doute… Alors avançons pas à pas, semons nos petites graines. Chaque petite victoire est une victoire, même si tout le reste nous semble catastrophique.

    Ma devise personnelle :
    “On ne part pas tous du même point, on n’arrivera pas tous au même endroit, mais on peut tous avancer. Et même avec le sourire !”

  4. Bonjour,Monsieur,
    Beau texte , mais j’ai une question : Vous étiez un élève comme vous le décrivez dans ce texte , avant d’être prof de philo ???

    Mes salutations les plus distinguées .

  5. Bonjour A. J’étais un élève normal, j’aimais plutôt bien l’école, mais il me semble que le “désir de connaissance” est devenu assez fort en moi en terminale, notamment grâce à la rencontre de gens cultivés, en particulier quelques filles de mon âge qui lisaient beaucoup et qui me donnaient l’impression d’avoir accès à un monde inconnu de moi, et plus encore pendant ma deuxième année d’études où j’ai connu ce qu’on appelle une amitié intellectuelle. Bon courage à toi, bonne vie !

  6. L’envie de terminer le programme est beaucoup plus présent chez la majorité des professeurs que “aimer” l’élève et tout le problème est là! S’intéresser à une matière vient principalement du professeur, il doit être la tout les jours pour aider et accompagner ses élèves entre l’adolescence et l’âge adulte et non bâcler un programme, il doit partager sa matière et donner envi à l’élève de l’écouter. Je suis entièrement d’accord avec ce texte et ravie de voir que certains professeurs pensent de cette manière.

  7. Je suis tombée par hasard sur ton article, en ces jours où je vais passer mon concours pour devenir prof de français. Beaucoup de souvenirs de nos soirées lilloises de partage et prière remontent à l’esprit! je suis contente de te lire et d’apprendre que tu as réussi dans ton rêve.. J’espère pouvoir être un prof qui aime, moi-aussi!

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